Entretien avec Ronan Yhuel, de mersetbateaux.com

Parler de voile en France sur le net c´est nommer beaucoup d´enseignes, plus ou moins longèves, plus ou moins prestigieuses. Mais c´est un blogueur breton  au nom de héros médiéval qui fait parler de lui dernièrement, grâce à ses créations:

www.mersetbateaux.com

www.regattaspirit.com

www.petitsvoiliers.com

Nous l´avons rencontré au détour de la web et nous apprécions son regard frais de plaisancier sur la nautique française.

-Bonjour Ronan, qui êtes-vous ?

Bonjour, je suis le plaisancier type français, je crois. Je navigue du printemps au début de l’automne, d’avril à octobre. Ce, depuis mes 13 ans environ. Comme nombre de plaisanciers, je sors mon voilier l’hiver, un gib sea 76, ou bien il reste à l’abri, dans le fond d’une ria de Bretagne Sud. Mon programme est assez classique. Sortie au week end, plus 3-4 en mai et plus longue croisière en été, sur 10 jours. je navigue beaucoup en famille, avec ma femmes et mes deux filles de 4 et 8 ans.
 

-Présentez-nous vos webs SVP ?

J’édite deux webzines, sur le nautisme. Le premier, petitsvoiliers.com, se concentre sur les voiliers de moins de 8 mètres. Je trouvais que les sites et magazines d’actualité de la voile ne parlaient que des grands voiliers, en général inaccessibles, pour le commun des mortels. Et pourtant, il y a bien des passionnés de petits voiliers, du transportable, du dayboat.
L’autre webzine, mersetbateaux, est plus généraliste et technique et s ‘intéresse aussi à l’histoire de la plaisance. Il s’adresse aux personnes qui ont des envies de grandeurs, de large. Tout en axant le rêve sur le projet, plus que sur le support. Il ne parle que de voiles ou de trawlers.

 -Vos objectifs ?

L’objectif premier: Me faire plaisir. Ces projets sont, à l’origine, purement egoistes. En fait, très intéressé par le web, je voulais créer un blog sur mon bateau. Et au bout d’un certains moment, je me suis demandé : franchement, qui peut être intéressé par mes ballades côtières?”, et j’ai donc réfléchi à ce qui était, au début, un blog d’info sur le nautisme.
 

Nous sommes intéressés par la vision des plaisanciers français sur nos côtes espagnoles. Que connaissez-vous de l´Espagne au niveau nautique ?

Le nautisme espagnol commence réellement à être connu. Si la filière semble moins développée qu’en France, l’Espagne à bien une culture de la plaisance. On ne renie pas une histoire d’explorateurs comme cela… Je sais que depuis longtemps, des chantiers espagnols construisent des voiliers. je pense notamment aux voiliers Puma, de beaux petits courses croisières des années 80 que je trouve très bien. Le Puma 22 est un bateau exceptionnel. Actuellement, quelques chantiers espagnols commencent à se faire connaitre comme les Sarch ou le chantier Mestral Marine Works. Sinon, je pense que le pole mini 6.50 de Barcelone, je crois, la participation au Vendée Globe de Didac Costa et le départ de la transquadra permet de développer la reconnaissance de la voile en Espagne. Et je n’oublierai pas les podiums de Pablo Santurde – Fidel Turienzo , surTales II en class40.

Un voilier français au moillage en Espagne…image connue

 

-Quel est votre perception, et la perception générale en France sur l ´Espagne comme littoral de navigation ?

Je parlerai plus du plaisancier de la côte atlantique française, qui connait peut la Med. La première chose est que la Mediterranée fait peur. Elle a la réputation d’être dangereuse. les vents se lèvent rapidement, la mer et la houle est plus difficile.
Ensuite, je dirais que l’Espagne est d’abord un rêve car elle représente souvent la première navigation hauturière. Au départ de l’Atlantique, c’est la Corogne, Bilbao, Santander, au départ du sud de la France, c’est les iles.On a un peu l’image d’une côte sauvage, en Galice par exemple, et d’une côte plus betonnée, sur l’est et le sud.

 

-Quels sont vos coins préférés chez nous, et pourquoi ?

Je ne connais pas, encore, très bien les côtes espagnoles. Mais pour moi, ce sera Bilbao, cette ville est très riche culturellement, et la Galice. Je suis breton, donc celte….on ne se refait pas.