Café et churros avec Tomas Cimadevilla , producteur et réalisateur du film documentaire “La dernière aventure du Gandúl”

Il est souvent compliqué d´obtenir un rendez-vous d´une personne aussi reconnue dans le monde cinématographque espagnol que Tomás Cimadevilla, alors nous commençons bien sûr par les remerciements d´usage. Tout de suite nous commandons un café et des churros; vous l´avez deviné, nous sommes à Madrid…

Nous pourions parler avec lui de su tajectoire professionelle  comme réalisateur de courts-métrages, de films connus et reconnus en Espagne.

Nous devrions, c´est vrai, lui demander de nous raconter sa facette de producteur (espèce rare), mais non, nous avons pris rendez-vous autour d´un petit-déjeuner café et churros (les meilleurs de Madrid, demandez-nous l´adresse…) pour en savoir plus sur sa dernière création: “la última aventura del Gandúl” (La dernière aventure du Gandúl), un film documentaire qui impacte en profondeur à qui aime la mer, ou qui a un jour envié les globe-trotters maritimes, navigateurs vagabonds au long cours.

L´affiche du film

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Tomás résume aimablement la genèse du film:

“nous étions un groupe d´amis décidés à accompagner Gustavo (propiétaire et skipper du Gandúl, qu´il avait fabriqué lui-même trente ans plus tôt en Argentine) pour cette transat. Nous sommes tous des professionnels de l´image, qui techniciens de son, qui réalisateur, etc. et j´ai tout naturellement pensé revenir de mon voyage avec des images. L´aller, auquel nous avons participé, a été un voyage merveilleux. C´est au retour,  avec Gustavo et sa compagne Begoña à bord en solitaires, que le naufrage à eu lieu, lors d´une incroyable tempête qui a couté la vie à d´autres navigateurs.

Par chance, si l´on peut appeler cela une chance, nous disposons des images des sauveteurs portugais et du cargo turc qui a aidé les naufragés, ce qui nous a permis de compléter le film.

Tomás Cimadevilla, présentation à San sebastian

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-“Êtes-vous vous même navigateur, ou plaisancier?

-Non, pas vraiment, j´ai seulement traversé l´Atlantique et je navigue à l´occasion sur le meilleur des bateaux: celui de mes amis…”

Je ne perds pas le temps d´expliquer à Tomás qu´une transat ce n´est pas rien, et beaucoup de navigateurs n´ont pas ce CV, loin de là.

Mais après tout qu´importe, est-il vraiment nécessaire d´avoir parcouru toutes les mers du Globe pour être consacré navigateur? N´est-il pas suffisant de ne pouvoir vivre sans la mer à proximité? Une réflexion pour un autre jour, que Tomás et moi laissons de côté.

“Dans le film, continue-t-il, nous avons fait appel à d´autres personnages qui constituent, par le biais de la navigation et de la mer, l´entourage immédiat du Gandúl, bien qu´ils soient parfois à des milliers de milles où naviguent d´autres océans, d´où nous les suivont”.

Des noms très connus dans le monde hispanique, tels que Rafael del Castillo, Julio Villar, Alberto Vázquez-Figueroa, et d´autres peut-être moins publics mais dont les commentaires et expériences nous permettent de découvrir la voile et les grands voyages.

Eux aussi naufragent en quelque sorte lors de la perte du Gandúl; nous partageons leur angoisse, et leur soulagement lorsqu´ils apprenent le sauvetage final de l´équipage du catamaran.

Le Gandúl

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Les derniers instants du catamaran

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La vidéo de présentation su film est marquante: l´appel au secours de Begoña sur la VHF, un mayday déchirant qui termine par un angoissant “Est-ce que quelqu´un m´entend?”
Le réalisateur me rappelle que le film termine bien, seul le Gandúl sombre après avoir protégé jusqu´à la fin son équipage.
Sans dévoiler du documentaire plus que le nécessaire, vous partagerez avec nous très sûrement la profonde émotion et l´angoisse de Gustavo et les larmes de Begoña lorsqu´ils remémorrent le drame. Ce sont là des moments magnifiquement exprimés par le réalisateur, qui sait dévoiler la profondeur des sentiments sans passer outre les limites de la pudeur si propre aux grands navigateurs.
Notre conversation se poursuit sur le système choisi par Tomás Cimadevilla pour diffuser son film, utilisant en Espagne pour l´instant le “crowticketing”, vente d´entrées anticipée par Internet et qui requiert d´un minimum de ventes pour être effective, du cinéma sur demande, en quelque sorte.

“Le documentare a été présenté au Festival de Malaga, avec une très bonne acceptation, il a été très bien reçu par le public, surtout les passionés de voile, mais pas seulement, ce qui nous permet d´être optimiste pour le futur”.

Bientôt en français, sûrement chez nautisme-espagne, régalez-vous en atendant de la bande annonce.

Enrichissant café et churros en tout cas…

Bande annonce du flm